Histoire
L'ascension d'Aubrey McClendon est indissociable d'une confiance inébranlable dans l'expansion sans limites. Pour dominer le marché, McClendon a piloté une stratégie de "capture de terres" à travers tous les États-Unis, dépensant des milliards de dollars pour acquérir des droits de forage, souvent financés par des montages financiers complexes et des prêts bancaires massifs.
Le cycle de l'endettement
Sous sa direction, Chesapeake ne se contentait pas de produire du gaz ; l'entreprise fonctionnait comme un fonds spéculatif immobilier. Elle achetait des concessions minières, prouvait leur potentiel, puis les revendait ou les utilisait comme garantie pour emprunter davantage. À son apogée en 2008, la capitalisation boursière de l'entreprise dépassait les 35 milliards de dollars.
Le choc des prix
Le vent tourne lorsque le succès même du gaz de schiste provoque une offre excédentaire mondiale. Le prix du gaz naturel, qui oscillait autour de 13 $ par million de BTU en 2008, s'effondre sous les 3 $ quelques années plus tard. Chesapeake se retrouve alors piégée :
Dépenses fixes élevées : Les obligations de remboursement de la dette restaient fixes alors que les revenus fondaient.
Gouvernance critiquée : McClendon est forcé de démissionner en 2013 suite à des révélations sur des conflits d'intérêts personnels (emprunts de plus d'un milliard de dollars garantis par ses parts dans les puits de l'entreprise).
Malgré les efforts de ses successeurs pour réduire les coûts et vendre des actifs, le poids de la dette hérité de l'ère McClendon, combiné à la chute des prix de l'énergie durant la pandémie de COVID-19, porte le coup de grâce. En 2020, l'entreprise se place sous la protection du chapitre 11 pour restructurer ses 9 milliards de dollars de passif.
Leçons à tirer
La chute de Chesapeake sous l'héritage de McClendon est un cas d'école sur les dangers de l'effet de levier excessif dans un marché de matières premières volatil. McClendon a confondu la croissance alimentée par la dette avec une création de valeur durable. Pour les dirigeants, ce cas souligne que dans une industrie cyclique, la discipline financière et la gestion de la trésorerie sont plus cruciales que l'expansion agressive. La survie à long terme nécessite de résister à l'euphorie des prix hauts pour se préparer aux inévitables cycles bas.
Auteur et organisation
Dirigeant : Aubrey McClendon (Co-fondateur et PDG de 1989 à 2013)
Entreprise : Chesapeake Energy Corporation
Secteur : Énergie, Pétrole et Gaz de schiste
Segment clé : Exploration et production (Upstream) via fracturation hydraulique
Marché : États-Unis (Siège à Oklahoma City)
Période
1989 – 2020
Sources
Image : https://drillers.com/aubrey-mcclendon-controversial-oil-and-gas-industry-giant/
https://www.bilan.ch/finance/l_affaire_chesapeake_fait_exploser_la_bulle

