Cosmas Maduka, l'autodidacte nigérian qui a transformé 1 dollar en 500 millions de dollars en 2 ans

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Cosmas Maduka, PDG de Coscharis Group

Histoire

Cosmas Maduka perd son père en 1962, à l’âge de 4 ans. Sa mère ne pouvant plus le nourrir ainsi que ses trois autres frères, il se voit dans l’obligation d’aller vivre chez ses grands-parents. Avant l’âge de 10 ans, il est retiré de l’école primaire (Elementary 3) en vue d’aider sa mère à vendre de l’Akara (gâteaux de haricots) sur le plateau de Jos, au Nigeria. À ce stade, son histoire ressemble un peu à celle de Thomas Edison, mais pas pour les mêmes raisons. En effet, Thomas Edison a lui aussi été renvoyé de l’école à 8 ans, trois mois seulement après son inscription, parce que son instituteur se plaignait de son manque d’attention.

Plus tard, Cosmas Maduka reçoit une proposition de la part de son oncle : devenir apprenti mécanicien dans son magasin de pièces automobiles. Cosmas Maduka accepte la proposition. Cette période n’a pas été facile pour lui. En effet, d’après le site TedMaster.org, « les autres le ridiculisaient en disant qu’il ne pouvait rien apprendre dans la vie ». De plus, son oncle n’avait pas de toit où le loger. De ce fait, Cosmas Maduka passait ses nuits dans le magasin.

Cosmas se montre travailleur, dévoué et honnête. En 1972, à l’âge de 14 ans, son oncle lui propose d’aller travailler dans l’une de ses filiales, car il a confiance dans les capacités de son neveu.

Un jour, sans demander de permission, Cosmas Maduka prend la décision d’aller assister à un programme de son église. Son oncle n’ayant pas apprécié cette absence, il le licencie. Dans une vidéo postée sur YouTube, Cosmas Maduka raconte qu'il a travaillé pendant six ans en apprentissage sans être payé par son oncle. Il y a appris de façon informelle beaucoup de choses qui auraient pu être enseignées à l'université, entre autres : la comptabilité, les achats, l'inventaire et la gestion. Son oncle l'a logé, habillé et nourri. Selon cette vidéo YouTube ainsi que les sites TedMaster et Africa Top Success, son oncle lui donne 200 nairas en 1976 pour solde de tout compte. Avec cette somme, Cosmas Maduka fonde une entreprise avec son frère aîné. L'entreprise est baptisée « Frères Maduka » et a pour objectif de vendre des pièces automobiles au détail. Trois mois après leur association, ils se séparent car ils n’ont pas la même vision. Ainsi, Cosmas Maduka rompt le partenariat avec son frère. Cette fois-ci, il repart avec 300 nairas. « Je ne sais pas pourquoi j’ai autant de confiance, mais la vérité c’est que ma mère m’a toujours encouragé », tels sont les propos de Cosmas Maduka rapportés par le site TedMaster.org. Que va-t-il faire ? Avec ces 300 nairas, il décide de vendre seul des pièces de rechange de moto de Boulos Industries. Le site Africa Top Success rapporte : « Le principal produit qui lui a généré d'importants profits était la nouvelle innovation de Boulos, les barres de protection pour motos (crash bars). Il en achetait plusieurs et retirait l’adresse de Boulos du carton afin que les gens ne sachent pas où il se fournissait. ». Au bout d’une semaine, son capital est multiplié par 10, atteignant désormais 3 000 nairas. Cosmas Maduka explique sa stratégie : « Je vendais toutes les marchandises et je repartais la nuit même pour la ville pour en acheter encore ».

Cosmas Maduka voulait se lancer dans l’importation. Mais là encore, il se fait escroquer. La majorité de ses gains est perdue et il se voit contraint de fermer son magasin. À 21 ans, une balance lui est offerte comme cadeau de mariage. Il la prend et parcourt la ville avec elle. L’objectif est de peser les personnes désireuses de connaître leur poids. En retour, elles lui donnent 10 kobo. Le site TedMaster rapporte que la femme de Cosmas Maduka pleurait tous les jours à la vue de ce que son mari devait faire pour les nourrir.

Il faut noter que, d'après la vidéo de TEDx Talks sur YouTube, Cosmas Maduka avait une vision et des objectifs qu'il relisait à chaque fois après la prière du matin et après la prière du soir. Ses objectifs étaient précis : « à 21 ans, il faut que je devienne ci ou ça ; à 25 ans, il faut que j'aie ci ou ça ». Il planifiait sa vie. Il n’avançait pas au hasard, mais marchait selon une direction claire.

Avec les revenus de la balance, il crée une autre entreprise avec un ami nommé Dave. L'entreprise s'appelle Cosdave. Ne s’entendant plus avec Dave, il rompt leur partenariat. Il crée alors sa propre entreprise, Coscharis. En réalité, Coscharis vient de l’union de deux prénoms : Cosmas, le sien, et Charity, celui de sa femme.

Selon le site Africa Top Success, le gouvernement nigérian décide en 1982 d’accorder des licences d’importation automobile à seulement dix (10) entreprises sélectionnées à travers le pays. La société Coscharis Motors a eu le privilège d'être retenue, marquant le véritable tournant de son histoire commerciale. Depuis lors, l'entreprise n'a cessé de prospérer. Le Coscharis Group s'est transformé en un puissant conglomérat et possède aujourd'hui plusieurs filiales et concessions majeures à travers tout le Nigeria.

En 2015, selon Forbes Afrique, la valeur nette personnelle de Cosmas Maduka était estimée à plus de 500 millions de dollars US. Le site Africa Top Success rapporte qu’aujourd’hui, COSCHARIS GROUP n’est pas seulement l’un des plus grands concessionnaires automobiles du Nigeria : il est également le distributeur exclusif des automobiles BMW dans le pays.

Le Dr Cosmas Maduka a reçu plusieurs nominations et distinctions. Selon le site du groupe Coscharis, grâce au leadership visionnaire de son fondateur, « Coscharis Motors a obtenu la franchise exclusive des marques premium BMW, MINI, Rolls Royce et Jaguar Land Rover, ainsi que des produits d'entretien et de consommation Abro USA, entre autres. Coscharis est également un partenaire de premier plan pour la distribution des automobiles de la marque Ford au Nigéria. Il siège actuellement au conseil d'administration de nombreuses entreprises, notamment CG-EKO LLP, First System Refinishes Ltd., CG Biostadt Limited et Sixt Rentals, au Nigéria… Le Dr Maduka est titulaire d'un doctorat honorifique en administration des affaires (Ph.D.) de l'Université du Nigéria à Nsukka en 2003… En septembre 2012, le président de la République fédérale du Nigéria lui a décerné les distinctions nationales de Commandeur de l'Ordre du Niger (CON). ». 

 

Leçons à tirer

Cosmas Maduka déclare avoir été encouragé par sa mère à plusieurs reprises. Nous ne savons pas, sans cet encouragement, quel aurait été le parcours de cet entrepreneur africain. Ce qui est sûr, c’est que puisqu’il le mentionne, cela signifie que sa mère a joué un rôle non négligeable dans sa vie.

Cosmas Maduka ne s’est pas fait tout seul. Il a entrepris des projets avec son ami David et son oncle, même si ceux-ci se sont interrompus. En partant de ces entreprises, il n'a pas eu que des échecs ; il a aussi acquis des expériences professionnelles qui l'ont forgé et qui pourraient orienter ses choix ou ses décisions. Cosmas Maduka a appris beaucoup de choses, non pas de façon formelle, mais à travers l'apprentissage sur le terrain. Dans une vidéo postée sur YouTube, il recommande même l'apprentissage aux jeunes hommes et aux jeunes femmes, parce qu'ils y apprendront beaucoup de choses qui peuvent être apprises à l'université, mais de façon informelle ; ils y apprendront tout ce dont ils ont besoin pour démarrer une entreprise. Cette recommandation rappelle les propos évocateurs de Robert Kiyosaki, cité par Cosmas Maduka, qui dit qu'il ne faut pas travailler pour l'argent, mais plutôt pour apprendre. Cosmas Maduka a aussi bénéficié de la licence d’importation accordée par l’État.

Cosmas a échoué plusieurs fois : 1) avec son oncle, 2) dans le projet de vente de pièces automobiles au détail avec son frère, 3) lorsqu’il voulait faire de l’importation et 4) avec Dave, son ami. Cependant, il ne s’est pas avoué vaincu. Il a continué de croire en son avenir entrepreneurial. Il y avait toujours de nouvelles étapes. Par exemple, après son échec dans l’importation à 19 ans, il a offert ses services aux personnes désireuses de connaître leur poids, grâce à une balance qui lui avait été offerte en cadeau. Après Cosdave, il y a eu Coscharis. Cosmas Maduka s’est montré patient et persévérant, ne négligeant ni les dons ni les gains : le premier gain de 200 nairas, ensuite celui de 300 nairas, le don de la balance, et enfin les gains générés avec celle-ci. C’est avec les gains générés par la balance qu’il a pu créer une première entreprise avec son ami, puis sa propre entreprise, COSCHARIS.

Il faut noter que nous parlons de la réussite d’un autodidacte. Nous pourrions retenir qu’il n’y a pas que l’école ou les études pour réussir. Cosmas Maduka en est un témoignage palpable.

Des conditions de vie difficiles n’ont pas empêché Cosmas Maduka de réussir dans la vie. Il a persévéré, essayant encore et encore jusqu’à voir le bout du tunnel, parvenir à la réussite et s’épanouir dans celle-ci. Cosmas Maduka avait une vision et des objectifs de vie. Il n'a pas perdu cette vision. Il le dit d'ailleurs dans les conseils cités ci-dessous : la vision est importante. Il faut aussi prendre des décisions et apprendre de ses erreurs. Il ne faut pas seulement se limiter à l'éducation formelle, il faut aussi se tourner vers l'apprentissage. De plus, il faut apprendre de la culture informelle.

Nous pourrions aussi retenir que les nominations et les distinctions sont pour l'entrepreneur une reconnaissance de son parcours, un couronnement de celui-ci.

Nous vous laissons sur ces mots inspirants du Dr Cosmas Maduka dans la vidéo postée sur YouTube, où il dit: "Success is not a degree...By the way, let me tell you that for you to be a successful entrepreneur or any meaningful thing in life you require three things to succeed.  The first one is vision; the vision, I have explained beyond what you can see with your physical eye. It's a function of mind. The second thing is faith to believe in your vision. You are the first believer of yourself. Nobody will believe you until you believe in yourself and it's infectious. The third thing you required to succeed in life is courage to act in the face of danger or difficulties. Fear is necessary for courage to exist…Refine yourself and be a person of value then success will meet you; not your degree, because you can have all the degrees in the world, but you are not willing to put it into productivity, it will end up not amounting to anything to you…You must continue to take a decision whether it is right or wrong and you will learn from that mistake that if you have made any….By the way, let tell you that for you to be a successful entrepreneur or any meaningful thing in life you require three things to succeed.  The first one is vision; the vision, I have explained beyond what you can see with your physical eye. It's a function of mind. The second thing is faith to believe in your vision. You are the first believer of yourself. Nobody will believe you until you believe in yourself and it's infectious. The third thing you required to succeed in life is courage to act in the face of danger or difficulties. Fear is necessary for courage to exist…Refine yourself and be a person of value then success will meet you; not your degree, because you can have all the degrees in the world, but you are not willing to put it into productivity, it will end up not amounting to anything to you…You must continue to take a decision whether it is right or wrong and you will learn from that mistake that if you have made any…".

 

Sources

https://www.youtube.com/watch?v=HqWp3RmDO-Y&list=PPSV&ab_channel=TEDxTalks 

https://tedmaster.org/2020/04/24/entrepreneur-africain-cosmas-maduka/

https://www.africatopsuccess.com/cosmas-maduka-comment-cet-enfant-de-rue-est-devenu-milliardaire/ 

https://www.forbesafrica.com/cover-story/2015/11/01/500-million-survivor/

https://www.afrikatech.com/sante/cosmas-maduka-mecanicien-africain-a-tranforme-1-5000-million/?lang=fr

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