Accusé d’avoir dissimulé des opérations non autorisées en contournant les contrôles internes de la banque Société Générale, le trader Jérôme Kerviel a provoqué une perte de 4,9 milliards d’euros, il a été condamnés à 2 ans de prison
Jérôme Kerviel rejoint la Société Générale au début des années 2000 après des études en finance. Il commence sa carrière dans des fonctions de back-office, où il acquiert une connaissance précise des mécanismes de contrôle interne, des procédures de sécurité et du fonctionnement des opérations de marché. Cette expérience technique jouera plus tard un rôle central dans l’affaire.
En 2005, il devient trader au sein de la banque, chargé d’opérations sur les marchés à terme sur indices boursiers européens. À ce poste, il est censé prendre des positions limitées et couvertes, conformément aux règles strictes de gestion des risques imposées par la banque. Officiellement, ses résultats semblent corrects et parfois même très bons.
Progressivement, Jérôme Kerviel commence à prendre des positions spéculatives de plus en plus importantes, sans autorisation. Pour masquer ces opérations, il met en place des montages complexes et de fausses opérations de couverture, exploitant sa connaissance des failles du système de contrôle interne. Pendant un certain temps, ces pratiques échappent à la vigilance de la banque.
Début 2008, la Société Générale découvre l’ampleur des positions dissimulées. Face au risque massif encouru, la banque déboucle en urgence les opérations sur les marchés financiers, dans un contexte de forte instabilité liée à la crise financière mondiale. Ces liquidations entraînent une perte estimée à 4,9 milliards d’euros.
L’affaire devient immédiatement un scandale financier mondial. La Société Générale licencie Jérôme Kerviel pour faute grave et dépose plainte contre lui. De son côté, Kerviel affirme avoir agi dans un environnement où la pression sur la performance était forte et soutient que sa hiérarchie aurait fermé les yeux sur certaines pratiques tant que les résultats étaient positifs.
Le procès s’ouvre plusieurs années plus tard et attire une attention médiatique considérable. Jérôme Kerviel est reconnu coupable d’abus de confiance, de faux et d’usage de faux, ainsi que d’introduction frauduleuse de données dans un système informatique. Il est condamné à une peine de prison, dont deux ans ferme.
Cette affaire marque durablement le monde bancaire et financier. Elle met en lumière les failles des systèmes de contrôle interne, la culture du résultat à tout prix et les risques liés à une surveillance insuffisante des activités de marché. Le nom de Jérôme Kerviel devient ainsi l’un des symboles majeurs des excès de la finance moderne.
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Sources :
Image de : https://www.nilmirum.fr/wp-content/uploads/2014/07/jerome-kerviel.jpg
https://www.challenges.fr/entreprise/la-societe-generale-accable-jerome-kerviel-a-son-proces_281483
https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/kerviel-laffaire-devenue-une-serie-2134281

