Comment le PDG James Cayne, dirigeant Bear Stearns à New York en 1993, a-t-il provoqué l'effondrement de la banque d'affaires avec une action chutant de 170 $ à 2 $ en 2008, à cause d'une exposition massive aux crédits ?

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Author: GENREDAC2
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Histoire 

L'ascension de Bear Stearns sous James Cayne est portée par une spécialisation lucrative : la transformation de prêts immobiliers en produits financiers complexes appelés MBS (Mortgage-Backed Securities) et CDO (Collateralized Debt Obligations). Cayne encourage une culture où la banque utilise ses propres fonds avec un effet de levier extrême (parfois supérieur à 30 pour 1), ce qui signifie que pour chaque dollar possédé, la banque en parie trente sur les marchés.

Les premiers signes de l'effondrement apparaissent en juin 2007, lorsque deux fonds spéculatifs internes de la banque, lourdement investis dans les subprimes, font faillite. Cayne est alors critiqué pour son absence et son manque de réaction, préférant jouer au bridge ou au golf pendant que la crise couve.

En mars 2008, la crise de confiance devient fatale. Les partenaires commerciaux de la banque, craignant une insolvabilité, cessent de lui prêter de l'argent au jour le jour (le marché du "repo"). Privée de liquidités, Bear Stearns se retrouve au bord du précipice.

Le week-end du 16 mars 2008, sous la pression de la Réserve fédérale (Fed), un accord est conclu pour éviter une faillite systémique :

  • Le rachat : JPMorgan Chase accepte de racheter Bear Stearns.

  • Le prix : Initialement fixé à 2 $par action, alors que le titre valait 170$ l'année précédente. Le prix sera finalement relevé à 10 $ pour apaiser les actionnaires, mais le désastre est consommé.

  • La chute : James Cayne, qui possédait une fortune en actions de la banque, perd plus d'un milliard de dollars dans l'opération.

 

Leçons à tirer 

L'effondrement de Bear Stearns sous James Cayne illustre le danger mortel du risque de liquidité couplé à un levier financier excessif. Cayne a commis l'erreur de croire que des actifs illiquides (les crédits subprimes) pourraient toujours être financés par des dettes à court terme. Pour les dirigeants, ce cas souligne que la gestion des risques ne doit jamais être déconnectée de la réalité opérationnelle et que l'arrogance d'une direction peut aveugler une institution face à des signes avant-coureurs pourtant évidents.

 

Auteur et organisation 

Dirigeant : James Cayne (PDG de 1993 à 2008)

Entreprise : Bear Stearns Companies, Inc.

Secteur : Banque d'investissement et Courtage

Segment clé : Titrisation (MBS, CDO) et Marchés de capitaux

Marché : États-Unis (Siège à New York)

 

Période 

1993 – 2008

 

 

Sources 

Image : https://www.foxbusiness.com/business-leaders/jimmy-cayne-who-led-bear-stearns-before-it-imploded-dies-at-87 

https://www.lesechos.fr/2018/03/bear-stearns-il-y-a-10-ans-les-banques-de-wall-street-craquaient-986827 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2008/01/09/la-crise-contraint-le-patron-de-bear-stearns-a-la-demission_997366_3234.html 

https://www.capital.fr/entreprises-marches/bear-stearns-chronique-d-une-mort-annoncee-193636 

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